Jésus nous offre le Notre Père comme un escalier pour
monter vers la plénitude de notre être intérieur.
1re marche : « Délivre-nous du mal »
On prie par secousse au rythme des catastrophes qui nous
atteignent. On a peur du mal. On demande à Dieu de l’éloigner.
2e marche : « Ne nous soumets pas à la tentation »
On réalise qu’il ne faut pas que fuir le mal, mais aussi
faire du bien aux autres. Il s’agit de reconnaître humblement nos forces
et nos limites. Dieu nous accueille tels que nous sommes, comme un père
aimant.
3e marche : « Pardonne-nous comme nous pardonnons »
Le pardon est une grande école de vie qui change notre
regard sur les autres. Rien ne nous oblige à aimer et faire confiance à
tout le monde, mais on doit essayer de mieux comprendre les autres pour
apprendre à les respecter.
4e marche : « Donne-nous aujourd’hui notre pain »
On ne prie pas pour instruire Dieu sur notre vécu : il le
connaît déjà. Nous ne prions pas pour convaincre Dieu de nous aimer : il
nous aime déjà et il veille sur notre bonheur quotidien. Nous prions
pour mieux saisir l’amour inconditionnel de Dieu à notre endroit. Nous
prions pour voir les réalités quotidiennes de nos vies comme Dieu les
voit lui-même. Ici arrive dans le Notre Père en escalier, un changement
de palier : du commandement de l’amour : « Aime ton prochain comme
toi-même » on passe au « Aime Dieu de tout ton cœur ».
5e marche : « Que ta volonté soit faite »
Il s’agit de se mettre en communion avec Dieu, allant
jusqu’à l’abandon dans la confiance… ce qui n’est jamais facile pour les
humains qui aiment contrôler leur quotidien. C’est dire : « que ton
influence en nous soit plus forte que nos émotions et nos sentiments »
pour en arriver à avoir le cœur en paix. Je pense à un mentor personnel
qui disait : « Pour savoir si je fais la volonté de Dieu, il s’agit
d’observer si je dors bien, je digère bien et si je suis ou pas marabout
».
6e marche : « Que ton règne vienne »
Apprendre à s’oublier pour Dieu et pour les autres.
Développer un amour universel en prenant le temps de s’arrêter à chaque
personne rencontrée. Confier à Dieu tout ce qui nous dépasse.
7e marche : « Que ton nom soit sanctifié »
L’essentiel n’est pas de rester centré sur notre
réputation personnelle en agissant selon les « Qu’est-ce qu’y vont dire?
» L’essentiel est l’être intérieur et non le faire, le paraître ou
l’avoir.
8e marche : « Notre Père qui es aux cieux »
On dit que le ciel des humains est l’être plongé dans le
cœur de Dieu et que le ciel de Dieu est le cœur de l’humain qui aime.
Dieu n’est pas un père ni mon père : il est Notre Père : il y a ici un
appel à la solidarité universelle qui passe par les dépassements de
chaque jour, un appel à communier à la grandeur de Dieu qui se dit au
monde par tous les petits gestes d’amour du quotidien. Prier nous
transforme sans que rien ne paraisse. C’est ce petit quelque chose en
nous qui crée la différence de notre agir. Prier fait de nous des gens
habités chez qui on ressent la plénitude de vie.
Gilles Baril, prêtre
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Unité pastorale Montréal-Nord |
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