Homélie : 4e dimanche du temps de l'Église, année C

par Richard Depairon, curé pasteur

Inspiré de plusieurs sources

 

Ce jour là, le prédicateur attire beaucoup de monde et pour deux raisons : d’abord, il est déjà bien célèbre, sa réputation s’étend sur toute la région. Puis, il faut le dire : il est du village, donc, on le considère comme l’un des nôtres.

Jésus est invité à proclamer le passage d'Isaïe sur la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres, aux prisonniers, aux aveugles et aux opprimés. L'assemblée retient son souffle. Elle semble attendre impatiemment le commentaire…

« Cette parole de l'Écriture que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit ».

Tout le monde est suspendu aux lèvres de Jésus… « Quoi, c’est tout ? »,  semble dire la foule… Puis, peu à peu, la curiosité fait place à la colère. Sans attendre la fin de l'homélie, des auditeurs, et non les moindres, quittent le sanctuaire. À la sortie, les critiques fusent de toute part. « Mais pour qui se prend-il donc, ce fils de Joseph et de Marie ? » « Comment ose-t-il nous faire la leçon et donner en exemple des étrangers ? »

Qui que nous soyons, nous sommes toujours tentés d'enfermer Dieu dans le strict périmètre de nos Églises et de nos groupes. Nous croyons connaître Dieu ! Je me souviens, à la fin d’une animation catéchétique, l’animateur annonce que lors de la prochaine rencontre ils approfondiront la Bible. Un des membres dit simplement : « Ah ! Je connais la Bible, on en a parlé à l’école…» Vous riez ? Lorsque vous avez entendu les lectures à la messe, quelle a été votre réaction ?

La Bible est pleine de prophètes qui ont tremblé à l’idée d’annoncer un oracle. Jérémie lui-même était pétrifié à l’idée de Parler au nom de Dieu : « Je ne suis qu’un enfant… je ne sais pas parler…» Et puis après ?... semble dire Dieu : « Avant même de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais… »

Ce que Dieu nous demande en somme n’est pas terrible : pas même besoin de faire des études supérieures. Pour lui, une seule chose semble nécessaire : aimer. Ce n’est pas difficile à comprendre, mais ça nous demande toute notre énergie et la grâce de Dieu pour vivre vraiment cet appel. C’est ce qu’il y a de meilleur : « une voie supérieure à toutes les autres », dira Paul…

Ce que l’on fait parle plus fort que ce que l’on dit... Voyez l’abbé Pierre, Mère Teresa, Jean Vanier… Les gens ont besoin de témoins et s’ils écoutent les maîtres, c’est qu’ils sont d’abord des témoins. S’il y a une chose que nous devons retenir de la messe d’aujourd’hui c’est bien cet appel à aimer sans rien compromettre du message évangélique.

 


     Unité pastorale Montréal-Nord