Homélie : 32e dimanche du temps de l'Église, B

par Richard Depairon, curé pasteur

Inspiré de plusieurs sources

 

Les lectures d’aujourd’hui sont plus subtiles qu’on pourrait le croire…  La première lecture, celle tirée du livre des Rois, met en scène le prophète Élie et une veuve de Sarepta.  Tous ce qui lui reste à elle et à son enfant, c’est un peu de farine pour faire du pain. C’est tout ! Et le prophète a le culot de le lui demander en promettant qu’elle ne manquera de rien pour le reste de sa vie. Elle prend le risque et ça marche !

Mais dans l’évangile, c’est totalement différent. Je regrette, mais n’imiter jamais cette femme, je vous en prie. La veuve de l’évangile, donne tout. Tout ce qu’elle avait pour survivre, même si ce n’est pas grand-chose, elle le donne. Puis après ? Elle va faire quoi vous pensez ? Et elle le donne pourquoi ? Pour le Temple.

Jésus observe. Il voit bien que cette femme est sincère, qu’elle donne plus que tous les autres, mais je ne crois pas qu’il soit d’accort avec ça et je vous explique pourquoi.

Revenons à la première partie de notre passage d’évangile. Le récit commence ainsi : « Méfiez-vous des scribes… ils dévorent les biens des veuves ». Le ton est lancé dès la première phrase, mais en vérité cette polémique avec les scribes, les pharisiens et les docteurs de la loi a commencé le jour où Jésus est entré au Temple.

La vraie question ici, c’est pourquoi la veuve se sent-elle obliger d’offrir le peu qui lui reste ? Le regard que Jésus porte sur la pauvre veuve en est un de désespoir, me semble-t-il. « Elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre. » Tel est le type de rapport qui se vit entre une pauvre et le temple. C’est sur cette image qu’il quitte définitivement le temple.

Jésus n’est pas aussitôt sorti qu’un de ses disciples lui fait remarquer la beauté des pierres et des constructions du temple… Visiblement, les disciples n’ont encore rien compris ! C’est à ce moment que Jésus dira cette phrase lapidaire : « tu vois ces grandes constructions, lui réplique Jésus, il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit.

Qu’est-ce que ça signifie pour nous aujourd’hui ? Quel est l’enseignement à retenir ? Je vois deux choses : La première, la foi ne nous dispense pas du gros bon sang. La misère n’a jamais été une offrande agréable à Dieu. La seconde chose concerne nos églises. Est-ce que nos églises sont plus importantes que les gens qui les fréquentent ? 


     Unité pastorale Montréal-Nord