Homélie : 2e dimanche du temps de l'Église, année C

par Richard Depairon, curé pasteur

Inspiré de plusieurs sources

 

Jésus est le genre d’invité qu’on aimerait tous avoir à nos noces. Changer l’eau en vin, ça c’est fort ! Mais ça reste un signe. Le premier nous dit Saint-Jean. Quel est le message derrière ce premier miracle?

Dans la première lecture, au livre d’Isaïe, nous avons lu : « Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t’a construite t’épousera. » Ici encore, il est question de mariage. De qui s’agit-il ? De Dieu et de nous… le peuple de l’Alliance. Voilà donc ce que nous dit le prophète Isaïe.

Revenons maintenant à Cana. Comment s’appelle déjà les époux ?... Oups ! Désolé, l’évangéliste a oublié ce détail. Nous savons seulement que Jésus et Marie sont à des noces…

Et ce n’est pas la seule chose qui surprend. On fait référence à « six cuves de pierre destinées aux ablutions rituelles des Juifs ». Elles sont vides. Donc, inutiles. Sans parler de la quantité : il s’agit de 600 litres. J’espère qu’ils sont nombreux, parce que ça va fêter tard…

Il y a enfin l’intervention de Marie. D’abord elle constate : « Ils n’ont plus de vin ». Réaction de Jésus : « Femme que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Deux choses : d’abord sur la formule que Jésus emploie pour désigner sa mère. Personnellement, je ne me vois pas répondre comme ça à ma mère, mais il s’agit d’une traduction et les spécialistes semblent nous dire qu’il ne faut pas trop s’en faire avec cette expression. L’autre chose concerne « l’heure de Jésus ». Il y a deux façons de parler du temps en Grec : cronos exprime le temps chronologique ; mais le caïros signifie le moment opportun. Quand Jésus emploie l’expression : « mon heure », il veut dire « le momentum ».

Marie insiste, même après avoir accusé une rebuffade. Elle se contente de dire au servant : « Faites tout ce qu’il vous dira. » À ses yeux, le temps est venu d’agir. Intuition féminine ?

Conclusion ? Il s’agit bien des noces. Mais pas celles que l’on croit. L’eau changée en vin, c’est le signe de la Nouvelle Alliance. L’ancienne était épuisée de toute façon : les cuves étaient vides. Et la nouvelle apporte une telle abondance et elle est de bien meilleure qualité…

Cette semaine, les nouvelles d’Haïti ne sont pas très réjouissantes. À Cana, il manquait de vin. En Haïti, autant dire qu’il ne manque de tout. Comme Marie, osons intercéder et prier pour que le Seigneur leur soit présent. Prions pour les victimes et leurs familles. Prions aussi pour les gens d’ici qui s’inquiètent et qui n’ont peut-être pas de nouvelles des gens là-bas.


     Unité pastorale Montréal-Nord