Homélie : 23e semaine du temps de l'Église, B

par Richard Depairon inspiré de plusieurs sources

 

Une fois encore, nous nous retrouvons avec Jésus en terre étrangère « en plein territoire de la Décapole, nous dit l’évangéliste. Jésus n’est pas tout à fait un inconnu là-bas. Il a déjà guéri un possédé. Aujourd’hui, c’est un sourd-muet qu’on lui amène. On peut difficilement imaginer ce que représente ce double handicap : difficulté de communiquer, obligation de faire répéter. Il faut toujours avoir recours à quelqu’un d’autre sans n’être jamais certains d’être bien compris ou de bien comprendre ! La communication est déjà difficile quand on est en « bonne santé » alors imaginez quand on est sourd et muet !

Jésus prend donc l’initiative d’emmener cet homme à l’écart, loin de la foule. Il veut avoir avec lui une relation personnelle, à l’abri des regards indiscrets. Une seule parole sera dite par Jésus : « Effata! », c’est-à-dire « Ouvre-toi ». L’évangéliste Marc ne mettra aucune parole dans la bouche de l’homme guéri. Par contre les gestes précis de Jésus sont mentionnés : les doigts dans les oreilles, la salive et le toucher de la langue. L’homme renaît. Il va finalement pouvoir vivre normalement. Il va pouvoir entendre les siens, ses proches, ses voisins, entendre les cris de ses frères, rire avec eux. Il va pouvoir répondre, dire une parole, chanter, louer Dieu peut-être !

Nous assistons à la réalisation de ce qu’annonçait Isaïe dans la première lecture : « Alors s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds ». Oui Jésus est bien celui qui vient sauver son peuple !

Même écho chez le psalmiste : « Le Seigneur délie les enchaînés, redresse les accablés ». « Dieu n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde », dit Jacques dans la 2e lecture.

Jésus prend le parti des plus petits, des blessés de la vie, des opprimés, des affamés, des enchaînés, des aveugles, des étrangers, de la veuve et de l’orphelin. Jésus, qu’on se le dise, n’a jamais choisi ou préféré le confort et la facilité face aux interrogations et aux souffrances des hommes et des femmes de son temps. L’Église est appelée à en faire autant !

Nous savons bien qu’il nous est plus facile de rester entre nous, en famille, entre amis, bien au chaud, calfeutrés dans nos certitudes, nos habitudes, voire dans nos églises. Or, il y a urgence à sortir et à aller là où est la misère aux multiples visages, la désespérance.

Une question brûlante pour notre Église aujourd’hui : la présence de plus en plus nombreuse des divorcés, les souffrances des divorcés remariés qui ne peuvent accéder à l’eucharistie. Quel chemin d’espérance et de reconstruction peut-on faire avec eux ? Allons au devant d’eux et osons croire que Jésus nous précède et nous accompagne.


     Unité pastorale Montréal-Nord