Homélie : 21e semaine du temps de l'Église, B

par Richard Depairon inspiré de plusieurs sources

 

Toute l’histoire a commencé avec cinq pains et deux poissons. Jésus avait nourri la foule, vous vous rappelez ? Puis Jésus s’est identifié au pain descendu du ciel, faisant référence à la manne que Dieu avait envoyée pour nourrir le peuple dans le désert. Il affirme que le pain qu'il donnera à manger est sa chair, et que le vin qu'il donnera à boire est son sang. Il a même osé dire qu'il fallait manger sa chair et boire son sang pour obtenir la vie éternelle.

Jésus n’explique rien, ne dit pas comment ce pain devient sa chair, comment ce vin devient son sang. Aucune explication, aucune théorie. Ce que Jésus nous propose, c’est d’entrer dans le mystère de sa propre existence qui est le mystère même de Dieu. Tout un saut dans la foi, dis donc !

Jésus place donc ses disciples, nous place, devant un choix, pas moyen de nous dérober : le suivre ou le quitter. C’est un test. Et si nous le suivons, nous devrons manger sa chair et boire son sang. C’est à ce moment que beaucoup de disciples cessent de le suivre et je les comprends. « Allez-vous me quitter vous aussi ? », demande Jésus.

Ils sont nombreux à avoir choisi de partir, mais pas Pierre. Pierre fait confiance, même s’il ne comprend pas grand chose à ce que Jésus vient de dire. Son choix est définitif et sincère : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

La société moderne, avec la science et son esprit critique, nous a donné beaucoup de façons de vivre, mais elle ne nous a pas donné de raison d’exister. Même si nous savons comment le monde a évolué, même si nous avons marché sur la lune, même si nous connaissons le génome humain, il reste la question essentielle, à savoir : pourquoi j’existe. Et c’est là que la parole de Pierre prend tout son sens pour nous aujourd’hui : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Jésus est le seul capable d’apaiser nos soifs de vérité. Il est notre raison d’exister. Il y a quelques années, j’ai lu « les trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas. Je crois que c’est Porthos qui disait quelque chose comme : « la vie est trop courte pour que l’on se pose des questions. » Je dis moi que la vie est trop courte pour que l’on vive sans raison.

« Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir », demande le prophète. Arrêtons-nous quelques instants et prenons le temps d’y répondre sincèrement, car notre réponse peut changer le cours de notre vie.


     Unité pastorale Montréal-Nord